Magazine n°1 – Article n°1 – Quelques notes sur la lutte des classes

Magazine n°1 - Article n°1 - Quelques notes sur la lutte des classes

Rosa Luxemburg, nous en avons parlé dans notre Newsletter n°1 à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Pourtant, il ne va pas sans dire que son influence continue d’absorber le « communisme de gauche » que d’autres appellent le « gauchisme ».

Le capitalisme débridé

L’œuvre de Rosa Luxemburg apparaît particulièrement importante et nécessaire afin de la mettre en avant. La démocratie ouvrière tel qu’elle la concevait se mettait clairement en opposition avec « la dictature du prolétariat ». L’opposition qu’elle avait avec Lénine s’inscrivait dans une autre logique que l’on peut trouver également chez Alexandra Kollontaï. L’opposition claire et assumée à la bureaucratie du parti Bolchévik sur sa structure comme sur son fond, fait d’elle une révolutionnaire.

L’appel des femmes dans notre société apparaît également fondamental. Nous pourrions parler également d’autres figures comme Louise Michel à l’occasion de l’anniversaire de la Commune de Paris. Pourtant, il ne va pas sans dire que la « révolution » dans le sens de la fin du XIXème et début XXème siècle n’est pas la même que celle que nous pouvons entendre. La victoire de la « social-démocratie » dans les partis conventionnels a laissé place à un réformisme de fond.

Ainsi Rosa Luxemburg note dans Réforme sociale ou Révolution en 1898 la rhétorique révisionniste ne s’inscrit pas à prendre le pouvoir par la révolution, mais par un mouvement profond au travers d’une logique de mouvement lent et progressif :

Ces observations entraînent des conséquences générales pour la lutte pratique de la social-démocratie : celle-ci, selon Bernstein, ne doit pas viser à conquérir le pouvoir politique, mais à améliorer la situation de la classe ouvrière et à instaurer le socialisme non pas à la suite d’une crise sociale et politique, mais par une extension graduelle du contrôle social de l’économie et par l’établissement progressif d’un système de coopératives.

La question de la révolution ou de la politique réformiste s’inscrit dans le cadre des travaux de Rosa Luxemburg. Ainsi, il convient de souligner que le mouvement ouvrier fait également face à un mouvement profondément réactionnaire qui se traduit par toutes les formes du capitalisme. En effet, la division du prolétariat au travers des « faits divers » parfois sordides devient un élément moteur pour les libéraux et les conservateurs.

La mise en avant de ces derniers s’est considérablement accru de telle sorte que le gouvernement actuel reprend la dialectique de l’extrême-droite à travers « l’ensauvagement » de la société. Dans les analyses sociologiques, le nombre de faits divers reste toutefois en diminution constante, mais la médiatisation de ces derniers au travers des réseaux sociaux sont clairement en pleine diminution. Les conséquences de l’agitation du « drapeau de la peur » vis-à-vis du prolétariat se traduit par le fait que ces derniers subissent clairement une offensive contre les droits fondamentaux et les libertés naturelles. Si la volonté réside dans l’instauration d’un « État Policier » afin de rassurer le petit peuple, les mesures sécuritaires profitent surtout à la bourgeoisie.

La gestion de la politique régalienne reste une affaire de politique intérieure. Toutefois, dans le cadre de la mise en place d’un « fédéralisme ultralibéral » par le haut, la politique intérieure devient également le fait qu’elle interagit dans le cadre des « réformes structurelles ».

La question de renforcer les structures du capitalisme permet entre autres de solidifier les fondations de géants, dont les pieds sont de la boue. Dans ce mouvement qui opère vers des « réformes structurelles » permettant une transformation profonde de la société à travers la libéralisation de cette dernière. Nous sommes confrontés face à une opération importante permettant de consolider le monstre.

Le réformisme apparaît également comme vision opérant dans son aspect « petit-bourgeois ». En effet, la social-démocratie actuelle se base sur le soutien des classes moyennes afin d’opérer une politique socialement intéressante pour ces dernières. De ce fait, le réformisme s’inscrit dans une logique où les « classes moyennes » auraient à y gagner de cette politique. Ainsi, ces derniers ne s’inscrivent pas dans une démocratie ouvrière où le contrôle des décisions légales et réglementaires. Dès lors, la République défendue par ces derniers n’opère pas un virage franc. En effet, la crise politique que traverse le pays s’inscrit fondamentalement dans une volonté d’utiliser les classes moyennes comme une réserve de voix dans le cadre des différentes élections.

Au moment où nous parlons, il semble nécessaire de s’intéresser de près à ce que Rosa Luxemburg a pu écrire dans son œuvre, notamment concernant la grève de masse, les partis et les syndicats. Ainsi, les mouvements spontanés qui se structurent laissent derrière eux une opération fondamentalement tactique, dont le prolétariat doit se saisir afin d’aboutir à un changement radical au niveau du régime et notamment de son organisation. La condition s’avère d’anticiper et de construire en fonction de ces mouvements.

Le mouvement des Gilets Jaunes

Et le mouvement des Gilets Jaunes ? Il s’agit en réalité d’un mouvement épars se situant dans un mouvement de masse où les leaders n’avaient aucune connaissance en politique. Autrement dit, ce sont des « débutants » qui ne se sont jamais planché sur les textes théoriques fondamentaux afin d’acquérir de la connaissance pour ne pas débiter des « idioties ». Le confusionnisme tout comme les liens rapprochés avec l’extrême-droite interrogent. En effet, il y a certes une forme d’élitisme dans le militantisme de ceux qui lisent des textes pas forcément abordables pour tous. Toutefois, la vulgarisation a permis à de nombreux citoyens le fait de pouvoir se politiser et d’accéder à la notion même de la « lutte des classes ». Toutefois, les origines du mouvement des « Gilets Jaunes » naviguent entre autres sur un terrain poujadiste en mettant en avant le « ras-le-bol fiscal » alors que ce dernier reste une fabrication du néolibéralisme pour diminuer les impôts, les taxes, les cotisations sociales afin de libéraliser toujours plus le pays. Dans ce « mouvement de masse », nous avons pu voir clairement plusieurs formes s’affronter provoquant un écartèlement idéologique. Toutefois, le mouvement des « gilets jaunes », dont il a fait preuve en termes de répression n’est pas un épiphénomène, mais la poursuite d’une politique répressive en matière de maintien de l’ordre public. Avant, il y a eu le mouvement contre les ordonnances Pénicaud, la Loi El-Khomri, la codification de l’État d’urgence dans le droit commun, etc.

Sur le plan d’une des revendications qu’il en a découlé : « le référendum d’initiative citoyenne » s’inscrit dans une vision où les salariés essayent de se réapproprier la démocratie, mais il semble nécessaire d’aller plus loin. En effet, la question de cette méthode de référendum pour tenter de critiquer le « parlementarisme » s’inscrit tout de même dans une vision « petite-bourgeoise ». En effet, la réappropriation de l’espace démocratique s’inscrit dans une dynamique où finalement le contrôle « ouvrier » sur la production se retrouve effacer par cette proposition. L’universalisme de la « démocratie libérale » tend à créer des « soupapes » afin d’éviter toutes notions actuelles notamment sur le contrôle social de la production. Dès lors, il se crée une vision tendant vers la « démocratie directe » en apparence. Toutefois, nous sommes dans une logique où les outils démocratiques se révèlent n’être qu’un artifice pour la bourgeoisie pour créer un semblant de renouveau démocratique.

Toutefois, dans le cadre d’une campagne sur la question d’un référendum qui irait contre les intérêts du « capital », les capitalistes sont prêts à défendre leurs différentes valeurs par tous les moyens légaux qu’ils disposent et n’hésitent en aucun cas à dépenser des sommes colossales. Il est vrai qu’en France, il existe un « code électoral » permettant les dérives importantes en matière de donation. Dès lors, le plafond peut-être relevé par les « bourgeois » puisqu’ils ont la « main-mise » sur Parlement. Ainsi, les différentes opérations « démocratiques » peut également virer à un « plébiscite » de la part du gouvernement sur certaines mesures sociales. Cela ne remet pas en cause le capitalisme et ses méthodes de production tout comme l’accumulation du capital.

Dans une époque cruciale comme celle que nous vivons, il existe tout de même une corrélation entre la « gauche radicale » et la vision de la défense de la propriété privée. Le Keynésianisme de gauche se veut être la « social-démocratie » du XXIème siècle. Le soulèvement que nous avons remarqué sur les « rond-points » s’inscrivait dans une certaine dynamique visant à réclamer la démission d’Emmanuel Macron tout comme l’insistance de la « vie chère ». À quelques exceptions, il s’est avéré que ce « mouvement de masse » s’inscrivait dans une ligne clairement poujadiste.

L’entrisme de l’extrême-droite au sein de ce dernier se traduit in fine comme une volonté de rompre avec les « mouvements de masse » traditionnels. De ce fait, nombreuses ont été les personnalités fascistes à se rendre dans les différentes manifestations et les cortèges. Dans le même temps, certains leaders comme Jérôme Rodrigues ont clairement réalisé des alliances pour contrer le mouvement antifasciste. Cela soulève également sur d’autres mouvements comme les « Gilets Jaunes Constituant du 94 » qui ont sombré dans l’ignorance la plus crade.

La question d’une « révolution » s’inscrit également dans une volonté de rompre avec « l’ancien monde », c’est-à-dire le capitalisme et son monde. Or, manifestement le mouvement des « Gilets Jaunes » ne souhaitait uniquement qu’une adaptation du capitalisme par rapport à une situation donnée. Le gouvernement a lâché différentes mesures afin de relancer le « pouvoir d’achats » des ménages en défiscalisant les heures supplémentaires et en augmentant la prime d’activité. Cela a permis de calmer de briser le rapport de force. Mais, il faut souligner que dans le même temps, le gouvernement avec ses alliés conservateurs ont fait voté la « loi anti-casseur ». Une nouvelle fois, la bourgeoisie rappelle à l’ordre qu’elle domine le Parlement.

La volonté répressive du pouvoir s’est également accentuée ces dernières années avec une politique de plus en plus stricte concernant le maintien de l’ordre public. Nous avons d’ailleurs pu assister au retour des voltigeurs au sein de la capitale. Les mêmes qui avaient assassiné Malik Oussekine. Dans ce cadre, la question de la répression afin d’avoir des mouvements linéaires permet de se concentrer sur le fait que la classe dominante est prête à utiliser l’ensemble des outils afin de briser toutes révoltes contre ses intérêts ou lorsqu’elle y trouve des éléments permettant de rétablir l’ordre politique, elle donne des miettes aux travailleurs afin d’assurer la paix sociale.

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