Magazine n°1 – Article n°2 -2-2 – Le darwinisme social en 2021

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Le Darwinisme social présidentiel

Emmanuel Macron a d’ores et déjà indiqué qu’il partirait dans un virage de relance budgétaire au sein de cette crise sanitaire. Le « keynésianisme de droite » tend à soutenir les entreprises et à pratiquer l’austérité pour les classes populaires. En effet, la situation devient de plus en plus critique pour l’Élysée. Les macronistes sont pris dans une logique s’inscrivant dans le « maccarthysme » (voir notre article). Se prenant pour des progressistes, il convient de souligner que la déconnexion des différentes classes populaires concernant le législateur permet de créer des réformes structurelles asphyxiant le « pouvoir d’achat » de ce dernier alors que plus de cent milliards d’euros ont été débloqués pour les entreprises. Autrement dit, il existe des « leviers économiques » que le gouvernement sait utiliser même lorsque la dette se situe aux alentours des 120 %.

Ainsi, l’austérité se justifierait sur le principe que « nous vivons au-dessus de nos moyens ». Dès lors, les baisses des aides sociales vis-à-vis des classes populaires sous forme d’APL ou encore le refus du RSA-jeune suit la logique qu’ils vivent dans un « monde parallèle ». La crise économique et sanitaire a mis au chômage de nombreux étudiants sans possibilité d’avoir un « revenu décent » afin de pouvoir survivre. Faute de ces aides fondamentales, les files vers les banques alimentaires s’agrandissent et croissent d’une façon très inquiétante. Or, le stock de marchandise n’est pas éternel. De plus, la réforme de l’ISF a permis au premier décile un enrichissement majeur puisque la défiscalisation vis-à-vis des associations et des fondations a été supprimée en le transformant vers l’IFI. Ainsi, la « société thatchérienne », dont le gouvernement s’inspire produit des effets particulièrement néfastes et contradictoires à ceux recherchés : la baisse de l’investissement et des dons.

Ainsi, nous sommes face à une catastrophe pour les différentes associations et fondations reconnues d’utilité publique. De cette sorte, vu que les exonérations d’impôts à travers les dons n’existent plus alors nous sommes confrontés d’une certaine manière face à de nombreuses associations où les dons manquent et cela se répercute sur l’ensemble du tissu social. Il s’agit d’un manque cruel de fond, notamment pour les associations humanitaires. Or, dans une crise comme celle que nous traversons la transformation de l’ISF est tout simplement scandaleux. En effet, de nombreuses personnes ont besoin de ces aides afin de pouvoir survivre.

Il existe également l’idée de la gestion du budget très patriarcale qui repose dans ce « darwinisme social ». En effet, le « bon père de famille » qui se transforme par la bonne famille se traduit in extenso par une vision très austère. Ainsi, nous sommes dans l’idée fondamentale du « libéralisme » que nous sommes également responsables de notre situation. Toutefois, la crise sanitaire et économique laisse exploser une pauvreté de fond.

Est-ce une anomalie ? Non, il s’agit simplement d’une démonstration de l’accumulation et de la concentration du capital. Dans ce cadre, le capitalisme poussé à l’extrême s’avère une sorte de « capitalisme des riches ». En effet, ils ont tendance à partager entre eux l’ensemble des profits et des bénéfices. De cette sorte il existe naturellement une vision cohérente qui se dégage de la majorité : les premiers de cordée comme nous les appelons si bien réalisent un enrichissement nauséabond sur le dos du prolétariat, notamment durant cette crise économique et sanitaire.

La remise en cause du « darwinisme social »

Le « darwinisme social » s’inscrit dans une logique boiteuse et la forme la plus poussée de l’orthodoxie libérale. Dans les pas de Malthus, cette doctrine s’enracine dans une forme aboutie du fait que « tout salaire mérite un travail ». Dès lors, ceux qui ne produisent « rien » et de ce fait qu’ils ne sont « rien » sont inutiles pour la société. Ainsi, les « inutiles » et les « fainéants » contestent ces méthodes méprisantes, mais aussi symbolisent que le capitalisme a des armes redoutables pour générer des « conflits sociaux » de fond au niveau structurel qu’intellectuel.

Le malthusianisme reste un symbole parfois mal-compris dans la question de la « surpopulation ». Mais, Malthus s’inscrit également dans cette ligne de l’orthodoxie libérale. Les accointances et l’inspiration dans les théories de Darwin concernant la sélection naturelle s’est inscrite dans les sciences sociales. En effet, les économistes libéraux les plus radicaux y ont vu d’une certaine manière une source pour puiser leurs différentes inspirations afin d’élaborer des théories économiques se basant notamment sur la « valeur du travail » alors que dans l’analyse marxiste, le travail n’est qu’une vente du « temps libre » en échange d’une compensation que l’on retrouve sous la forme d’un salaire. Dès lors, il existe une contradiction puisque pour les uns, le « travail » devient une norme et les « non-travailleurs » sont des parias alors que pour les autres, le chômage se retrouve être une fabrication du capitalisme afin de diminuer les « salaires ».

La « droite gouvernementale » tend à créer une politique de « modération salariale » afin de justifier l’austérité. Il est vrai qu’en période de crise sanitaire tel que nous la traversons les vannes de la dépense publique ont été ouverte pour les entreprises en débloquant plus d’une centaine de Mds d’euros, mais pour les classes populaires, la disette continue. Pire, les conditions liées aux différents confinements ont conduit à de nombreux « Plan de Sauvegarde de l’Emploi » dans la novlangue néolibérale. Ainsi, de nombreux travailleurs se sont retrouvés du jour au lendemain sans emploi. Dès lors, il se construit une vision telle qu’elle a été défendue par le Président de la République qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi. Ainsi, les chômeurs seraient responsables de leur situation et se situerait dans ce que l’on appelle un chômage volontaire étant donné que les réformes assouplissant le marché du travail ont été adoptés au début du quinquennat par ordonnance. Or, cette logique purement macroéconomique pour le coup ne s’intéresse guère à la situation réelle des individus. Les réformes structurelles produisent des effets cycliques. Ainsi, les licenciements ont facilité une hausse du chômage, mais la reprise n’est guère loin comme le souligne le gouvernement. De plus, les réformes concernant l’assurance chômage et les formations génèrent des effets antagonistes à ceux espérés.

La justification s’inscrit dans une logique purement libérale, c’est tout le concept de la politique de « l’offrande ». Il s’agit d’une politique de la demande concernant les entreprises et une politique de l’offre concernant les travailleurs. Le tout se traduit par une volonté de générer une cohérence réelle afin de relancer une économie au bord du désastre. En effet, lorsque les mesures gouvernementales cesseront d’alimenter les caisses des entreprises liés au confinement et des différentes mesures de restriction de libertés, de nombreuses entreprises ne se relèveront point de cette situation. Il s’agit d’une « sélection naturelle » au niveau des entreprises. Très subtile en matière de « darwinisme social » puisqu’au moment où les entreprises feront faillite sur faillite alors les vrais problèmes concernant le chômage de masse risquent de démarrer. Si le pouvoir se lamente d’avoir réalisé des efforts, la barre des 10 % pourrait être rapidement atteints d’ici la fin 2022. D’autant que nous sommes dans une crise économique structurelle liée aux différents cycles du capitalisme. Le néolibéralisme et la financiarisation accélèrent les crises et rapproche chaque expansion et récession.

La question que chacun se pose dès lors réside dans le fait de voir ou pas le bout du tunnel. Dans le cadre actuel, l’austérité risque de revenir en trombe sur la table étant donné que la dette publique a dépassé les 120 % du PIB pour une valeur de 2600 Mds d’euros. La peur d’une inflation risque également d’enrayer la machine de la relance avec une hausse du taux directeur de la Banque Centrale Européenne afin de stabiliser la masse monétaire. Or, une hausse du taux directeur en période de récession consiste à se tirer une balle dans le pied. Au contraire, l’inflation permettra de renflouer plus rapidement les caisses de l’État, mais également de rembourser la dette publique par ce mécanisme.

L’austérité qui guette le pays sera aussi virulent que la Troïka en Grèce. Pendant ce temps-là, la droite radicale se prépare aux élections présidentielles au travers d’une logique particulièrement revancharde. Ainsi, il se traduit une volonté de renforcer le libéralisme afin d’épouser les thèses d’Hayek, Friedman et Rothbard.

M. J.

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