Magazine n°1 – Article n°2 -3-1 – Charles Darwin vs le darwinisme social

Magazine n°1 – Article n°2 -3-1 – Charles Darwin vs le darwinisme social

À la fin de sa vie, Charles Darwin s’inquiétait de voir sa « théorie de l’évolution » détournée de sa signification véritable, il s’agissait pour lui de parer à la montée d’une nouvelle pseudoscience communément appelée aujourd’hui le « darwinisme social » – laquelle est une application pervertie de ses remarques et observations dans les domaines économiques et sociaux, autrement dit un déplacement abusif d’une méthodologie propre à la biologie vers les rapports d’échanges entre humains ; ce détournement de la pensée darwinienne est actuellement mené par les adeptes du néolibéralisme au sens économique (le libéralisme politique, quoique son cousin éloigné, est sensiblement différent et ne doit pas être confondu avec lui). Sous cet angle idéologique et simpliste du fonctionnement de la société, les psychopathologies et les troubles cognitifs ou moteurs rendraient  » inefficace et superflue  » une part importante de la population ; l’humain n’est alors plus qu’une variable d’ajustement, un coût parmi d’autres à réduire autant que possible. Progressivement, en augmentant, l’intensité et la cadence de production imposées par le système néolibéral ont impliqué une hausse sensible de la médication industrielle pour remédier aux insuffisances prétendues de la productivité humaine – la souffrance est un coût, on tente donc de supprimer le gênant symptôme mais pas sa cause. Ainsi, la « pénibilité du travail « , ressentie autant que réellement subie, demeure un problème majeur dans de nombreux métiers. Le « darwinisme social » est aujourd’hui l’un des outils de propagande les plus courants pour justifier un système économique inique et loin d’être aussi performant qu’il prétend l’être. En effet, les néolibéraux et les courants orthodoxes usent de ce discours à l’apparence scientifique pour mieux stigmatiser une partie de la population, présentée comme inutile, puisqu’elle n’arrive pas à s’adapter aux nouvelles contraintes exigées pour augmenter toujours plus la production tout en réduisant les coûts.

Darwin face aux pseudosciences qui dénaturent le vrai darwinisme

Toute sa vie, Charles Darwin a toujours veillé à suivre et respecter une rigoureuse démarche scientifique. Trop souvent, on lui attribue la paternité du courant de pensée dénoncé par la présente étude : le « darwinisme social » ;  c’est un tort immense dû à des raccourcis conceptuels paresseux et des contresens profonds sur sa pensée. Le savant anglais, profondément humaniste, s’est lui-même opposé à cette interprétation fallacieuse de ses écrits – lesquels décrivaient des dynamiques de groupe plutôt qu’une concurrence sans merci entre des individus, l’étude de « spécimens » prélevés par Charles Darwin entendait les décrire au sein de leurs espèces respectives et ne niait pas les apports sélectifs positifs d’une collaboration entre les spécimens. En effet, Charles Darwin a initié une vraie révolution en biologie et en éthologie par sa construction d’une « théorie de l’évolution » assise uniquement sur un matérialisme simple, rigoureux et scientifique – lequel est fondé sur une affirmation du seul hasard dans l’émergence de changements dans les phénotypes et sur l’idée que la sélection desdits spécimens n’est relative qu’à un environnement donné, lui aussi sujet à des changements imprévisibles – Au contraire de Jean-Baptiste de Lamarck, qui supposait que les caractères nouveaux des spécimens étaient acquis tout au long de leur existence pour satisfaire des besoins occasionnels avant d’être transmis à la génération suivante, Charles Darwin expliquait que ces variations de phénotypes, sources de diversification au sein de l’espèce, apparaissaient dès la conception pour chaque spécimen  avant d’être conservées ou non lors de leur confrontation avec les nécessités d’un environnement donné à un instant T ; c’est la notion du « plus apte » qui est trop souvent assimilée à « la survie du plus fort » (le plus apte n’est pas forcément le plus fort : les tyrannosaures ont disparu, pas les musaraignes…). Cette rigueur sur l’appréciation du hasard comme moteur de l’évolution a justifié l’entrée par la grande porte de Charles Darwin dans l’Histoire des sciences naturelles. Par son approche objective qui ne nécessitait aucune intervention extérieure et divine pour justifier l’apparition (ou la disparition) d’innombrables formes de vie, tout en expliquant une diversité foisonnante des spécimens, le grand scientifique a remis en cause le créationnisme pourtant dominant et jaloux à l’époque ; ce créationnisme reposait sur une lecture littérale et obtuse de la Genèse par les les religieux et les conservateurs.

Nous sommes à un carrefour de l’Histoire où le « créationnisme » revient en puissance en se basant sur le néoconservatisme, mais aussi les branches orthodoxes du monothéisme : évangélisme, islamisme ou encore ultra-orthodoxe juif. Dans ces conditions, les travaux de Charles Darwin demeurent une barrière intellectuelle face aux différents lavages de cerveau qui s’opère au travers de ces branches religieuses conservatrices et ayant une lecture rigoriste des différents textes religieux. Le darwinisme permet également une sortie de la religion à travers l’athéisme puisqu’il remet en cause les fondements des dogmes religieux pour une démonstration scientifique.

Dans les périodes que nous vivons en pleine crise sanitaire, les partisans de la sélection naturelle à travers des collectifs comme « Réinfo COVID » jusque dans le darwinisme social du gouvernement à travers sa politique vis-à-vis de la jeunesse aboutissent au fait qu’il est nécessaire de séparer Charles Darwin des sous-sciences sociales qui exploitent ses travaux à des fins politiques. En effet, celui qui démontra « la théorie de l’évolution » s’inspirait d’un profond humanisme et d’une optique progressiste.

Karl Marx lisait Darwin

Karl Marx était un lecteur de Charles Darwin sous influence d’Engels. Ainsi, il écrivit à Engels le 19 décembre 1860 que « malgré le manque de finesse bien anglais du développement, c’est dans ce livre que se trouve le fondement historico-naturel à notre conception ». Toutefois, Marx s’est éloigné de Darwin sur le principe que sa doctrine conduisait davantage à la structuration d’un capitalisme débridé qu’au socialisme.

Dans un article de Paul Guerpillon extrait du Séminaire Lectures de Marx de 2015, il est dit que

« La société communiste, c’est la configuration où l’on reconnaît sa propre essence dans l’autre, par opposition à la nature où cette essence apparaît encore étrangère. »

puis il poursuit en soulignant que

« Marx reconnaît logiquement la science concrète de la nature qu’il appelait de ses voeux en 1844. Toutefois, cette généalogie toute linéaire de l’enthousiasme de Marx pour Darwin, dans laquelle la théorie darwinienne viendrait remplir la place libre que Marx avait déjà pensée, est trompeuse. Car dans les Manuscrits de 1844 comme encore dans L’Idéologie allemande, c’est en tant que produit de l’activité humaine que la nature est historicisée ».

On continue en soulignant que cependant

« En revanche, prendre Darwin comme fondement historico-naturel du matérialisme historique va en un tout autre sens : c’est en tant que telle, non médiatisée par l’activité humaine, que la nature est historicisée dans la théorie darwinienne de l’évolution ».

La question de l’organisation sociale se fonderait entre autre sur le concept du Darwinisme, notamment dans la mécanique de la « reproduction des classes sociales ».

« Quoiqu’il en soit de cette hypothèse, ce qui est certain, c’est que la théorie darwinienne apparaît comme le fondement historico-naturel de la conception de Marx en ce qu’elle semble bien fonder la conception marxienne de la structure sociale comme structure historique ».

Dans une lettre de Marx à Lasalle du 16 janvier 1861, il est dit que

« Le livre de Darwin est très important et me convient comme base de la lutte historique des classes. […] C’est dans cet ouvrage que pour la première fois, non seulement un coup mortel est porté à la ‘téléologie’ dans les sciences de la nature, mais aussi que le sens rationnel de celle-ci est exposé empiriquement »

Dans ce sens, nous sommes face à une hypothèse qui s’inscrit dans une double sélection : naturelle et artificielle. Toutefois, les conditions actuelles se révèlent que la pensée marxienne s’inspire comme une grande révolution du Darwinisme.

Une sélection « artificielle » plus que « naturelle »

La « sélection naturelle » permet entre autres de créer deux mondes qui s’opposent : les faibles et les forts. Cette dimension particulièrement binaire s’inspire du naturalisme et propose des « lois sociales » calquée sur la « loi de la jungle ». Il faudra attendre les travaux de Kropotkine démontrant que « la solidarité » fait également partie des « lois naturelles ». Ces travaux ont été renforcés dernièrement par Pablo Servigne. Ainsi, les libéraux de toutes obédiences admettent certaines « lois naturelles », mais admettre l’ensemble du corpus des « lois naturelles » irait à l’encontre de leurs différents dogmes et doctrines. De ce fait, une partie des études scientifiques sont mises de côté. Ainsi, les libéraux de toutes obédiences admettent certaines « lois naturelles », mais admettre l’ensemble du corpus des « lois naturelles » irait à l’encontre de leurs différents dogmes et doctrines. Les autres sont mises dans l’arrière-boutique pour les chercheurs hétérodoxes.

Dans ces conditions avec les différents axiomes permettant le libéralisme de se structurer et d’être inattaquable, la défense se base sur les fondations d’une société où l’être humain est considéré comme un animal sauvage. S’il est vrai que l’être humain appartient à l’ensemble des animaux. Le caractère « sauvage » permet de fonder des sociétés où le « capitalisme sauvage » est vu comme une nécessité pour soutenir l’ensemble de la structure économique. Par ailleurs, la tentation d’une armature ne tenant qu’au travers des « lois naturelles » (admises par les libéraux) et de la « liberté économique » fait du libéralisme un modèle économique instable. Mais il a trouvé un stratagème pour faire fonctionner son brillant modèle. Elle a le devoir de laisser une proportion d’individus symbolisant l’échec. Cela prime pour effrayer les autres individus afin qu’ils ne tombent pas dans le bas de l’échelle. Cette pression réside dans le fait de faire pression sur les classes moyennes pour qu’elles acceptent les propositions de la classe dominante des maigres aides sociales qu’elle lui offre à la seule condition : l’émancipation par le travail.

Ainsi, le libéralisme est vu par les tenants de cette doctrine comme un système naturel où les politiques doivent laisser le marché s’autoréguler et se débrider. Dans ce cadre, les « réformes sociales » ne doivent pas permettre de soutenir financièrement les classes populaires. En effet, si les personnes appartiennent à cette classe, réside dans le fait d’avoir fait un choix les amenant à celui-ci. De cette façon, le progrès est lié aux différents actes que les individus prennent séparément. Ainsi, il existe une croyance profonde que les « réformes sociales » doivent permettre de débrider la concurrence entre les travailleurs amenant à termes la fin du syndicalisme. Les facteurs exogènes aux différents marchés doivent être supprimés les uns après les autres afin de garantir un fonctionnement le plus pur possible du libéralisme. De cette manière, la société progresse selon Hayek au travers de l’individualisme méthodologique.

Les libéraux vantent sans cesse la théorie de la « concurrence libre et non faussée » afin d’atteindre le stade ultime d’un marché où son équilibre dépend avant tout de la prise de décision, mais pour cela, il faut des entreprises de taille égale et mettant à disposition des produits similaires, dont les prix sont équivalents. Dans les faits, cette théorie permet des « réformes structurelles » profondes comme la baisse des impôts et des taxes, des cotisations sociales, une libéralisation toujours plus poussée de l’économie. On pourra croire que ces réformes permettent un « boom économique ». Cependant, ne nous leurrons pas. Elles n’avantagent que les grandes entreprises qui pratiquent déjà l’optimisation fiscale. Dans le même temps, elles endettent fortement les pays qui empruntent cette voie. La remontada du déficit budgétaire s’opère par des politiques d’austérité ou une vision d’équilibre à long terme comme résultante de ces politiques.

Le prolétaire en échange de son temps libre ne dépend que de la force de travail. Ainsi, elle dépend dans le cadre d’un outil fondamental pour survivre face aux eaux tumultueuses. De ce fait, il ne possède aucune action ou part sociale de l’entreprise dans laquelle il travaille. Par conséquent, le « travail libère » et permet d’acquérir une « autonomie financière ». Dans le même temps, les libéraux pestent contre le « coût du travail » au travers des cotisations sociales patronales notamment. Dans une vision plus étroite, leur doctrine permet de défendre qu’une baisse de ce qu’ils nomment dans la novlangue : les charges. Pour qu’un être humain puisse acquérir des compétences et un « savoir-faire » pour devenir salarié d’une entreprise et dégager des bénéfices, la collectivité a dû dépenser une partie de son budget à la formation. De ce fait, la vision libérale se traduit par « la privatisation des profits » et la « nationalisation des pertes ». Enfin, il convient de conclure que les personnes ne pouvant pas travailler, pour des motifs qui sont propres à eux (maladies, handicaps, etc.), sont associés à des « parasites ». En martelant sans cesse que l’on peut vivre plus dignement avec les minimas sociaux qu’avec un emploi, certains salariés sombrent dans ce côté obscur et se mettent à défendre les thèses du patronat.

La « droite sociale » souhaite en finir avec les politiques d’assistance aux plus démunis. Sous couvert de lutte contre « l’assistanat », ils martèlent en réalité une vision validiste de la société. De ce fait, les personnes ayant des pathologies ou ne pouvant travailler à un moment donné de leur vie pour des raisons diverses sont assujetties à un tribunal populaire. Les magazines libéraux se radicalisent progressivement et profitent d’une situation économique incertaine. Le sentiment de déclassement joue énormément dans cette course contre la montre. Ainsi, faute d’une politique promouvant l’ascenseur social, nous sommes dans une politique de compression des salaires à travers toutes les méthodes imaginables. La rigueur budgétaire que s’impose le pays pour faire face à une croissance incongrue de la dette publique s’accompagne de réformes augmentant en trompe l’œil les salaires.

La politique de la sélection intervient dans tous les champs où elle est possible. Ainsi, la méritocratie tant vantée par le pouvoir en place pour réussir ne se base pas sur des faits matériels, mais sur la reproduction de la « classe dominante ». Or, il faut tout de même souligner que la sélection n’est pas le fruit d’un artifice naturel, mais une création typiquement humaine au travers des dispositifs juridiques. La vision des « libertés naturelles » n’est autre qu’un courant de pensée justifiant les politiques bourgeoises. Les universités ou les grandes écoles sans un soutien financier externe sont vouées à ceux qui peuvent se payer des études ou qui arrivent à conjuguer les études avec les mini-jobs. La « précarité estudiantine » se révèle au grand jour devant les médias nationaux. Il faut dire qu’il y a tout de même un chemin ouvert pour ceux ayant un capital de départ contrairement à ceux qui ne commencent à partir de rien où le chemin est couvert d’embûches.

La volonté de concevoir les « libertés » comme « naturelles » s’inscrit dans un large corpus de la tradition libérale qu’elle soit adepte de la pensée classique, néoclassique ou encore de la synthèse néoclassique. De cette façon, le gouvernement accorde la garantie au niveau des prêts et un soutien à l’économie de près de 100 Mds d’euros en débloquant de l’argent magique tout en faisant grimper la dette à des taux pharamineux, mais n’est pas en mesure de financer une aide vis-à-vis de la jeunesse qui commence à crever la dalle. Pour la septième puissance économique, les longues files d’attente pour obtenir un paquet de première nécessité apparaissent comme une honte absolue. Mais il n’y a pas que la France. De l’autre côté de l’Atlantique, les banques alimentaires sont prises d’assaut par des personnes s’étant retrouvées du jour au lendemain au chômage.

La transformation sociétale aboutie progressivement à la fin de la solidarité et la mise en place d’une charité sur fond de bien-pensance chrétienne. Ainsi, la bourgeoisie se donne bonne conscience en donnant quelques produits ou quelques euros à des associations caritatives ou des produits de première nécessité à des banques alimentaires. Ce fonctionnement permet également de démontrer qu’il y a une vision contraire à la solidarité et à la notion même de la République Sociale telle qu’elle est inscrite dans l’article premier de notre constitution.

Le progrès face au Darwinisme social

Le carrefour que nous empruntons s’ancre vers un « capitalisme sauvage » comme je l’ai énoncé ci-dessus. La thématique propre du « darwinisme social » reste une variable nécessaire pour les désireux de l’ordre orthodoxe du néolibéralisme. La question du « progrès » devient dès lors fondamentale dans les politiques publiques, mais elle endosse dans le même temps un impitoyable broiement des classes sociales, notamment chez les plus défavorisés. La « République Sociale » pourra attendre, mais les marchés ont un appétit de plus en plus intense en ces périodes de disette. Après avoir vaincu le Coronavirus et ses variants, il faudra s’attaquer aux questions sociales qui sont laissées pour compte dans la période que nous vivons. La question d’une politique d’austérité et rigueur menée d’une façon radicale nous posera dos au mur par rapport à ce que nous voulons et souhaitons tous. Il faudra s’habituer pendant une période plus ou moins longue sans un changement radical de la structuration de l’économie à une disette importante.

Le néolibéralisme laisse filer un déficit budgétaire pour accroître sa pression sur les classes populaires. La dette publique s’avère n’être qu’un outil comme les autres pour accroître la coercition du prolétariat. Au même moment, les vagues de licenciement se réalisent les unes après les autres. Les entreprises ont subi des pertes importantes durant le premier confinement qui bloqua l’ensemble de l’économie. Après avoir sauvé l’économie du chaos, l’orthodoxie néolibérale ne se tardera pas à rentrer dans les clous de la rigueur budgétaire. Or, il n’est pas question d’augmenter la solidarité nationale à travers l’impôt sur le revenu, mais au contraire de baisser les impôts et les différentes cotisations faisant croire à une hausse du revenu. Ce trompe-l’œil se traduit par une vision que le pouvoir d’achat est redonné aux classes populaires et moyennes. Dans le même temps, il convient de souligner que nous allons vivre pendant une époque plus ou moins longue avec un endettement public supérieur à 100 % du PIB. Cette crainte se justifie par des travaux trompeurs de Reinhart et Rogoff (2010) qui ont démontré malgré une erreur fondamentale dans leurs calculs que la croissance est affectée négativement passé le seuil de 90 % de l’endettement public. Le mythe a été brisé par un étudiant de l’Université du Massachusetts. Mais le mythe a la vie dure.

L’expérience grecque vis-à-vis de la Troïka glace le dos à plus d’un pays tant sa violence et son emprise pour les pays qui en ont été victimes durant les dernières crises économiques et financières renvoient inexorablement à la mise en marche du darwinisme social afin d’épurer le marché de toutes ses contraintes.

Pierre Le Bec

Discussion (0)

Il n'y a pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.