Newsletter n°12 – Article 3 – Le libéralisme radical et la cause animale

Newsletter n°12 - Article 3 - Le libéralisme radical et la cause animale

Le Libéralisme Radical et la cause animale (version 1.1)

Ces quarante dernières années, les libéraux–conservateurs se sont imposés comme une véritable alternative au progrès et à la technologie, à la défense des libertés individuelles et des minorités, aux droits de la femme et à l’avortement, etc. En outre-Atlantique, cette alternative portée est projetée sous le signe du fondamentalisme chrétien à savoir l’évangélisme1. Quant au Vieux Catholicisme, son retour s’inscrit dans des valeurs toujours plus traditionalistes2. En Occident, cette « nuée ardente » porte en elle un libéralisme économique en opposition aux valeurs du libéralisme philosophique et des Lumières. C’est ce que l’on appellera « l’illibéralisme ».

Le tsunami néoconservateur n’hésite pas à faire le jeu de différentes alliances antagonistes pour asseoir son pouvoir. En période de récession dû à la crise sanitaire et à la crise économique qui se profile pour les années qui vont suivre, le libertarianisme fait figure d’alternative au néoconservatisme tout comme de sa révolution libérale immanquablement échouée.

On constate que le « libéralisme radical » est devenu une norme et un enjeu de société. Les débats autours du néolibéralisme et de l’ultra-libéralisme sont de plus en plus rude provenant d’une partie de la « gauche radicale » et de « l’extrême-droite » ou « droite alternative » (alt-right).

Dans le même temps, la « cause animale » commence à prendre de plus en plus d’importance au sein de notre époque moderne.

Pourtant le « libéralisme radical » (l’ultralibéralisme, le minarchisme, le libertarianisme ou libertarisme, ou anarcho-capitalisme) pourrait permettre la libération des animaux. C’est ainsi ce que l’on va étudier au travers de cet article.

Or, lorsque nous affirmons que le capitalisme peut asseoir son intérêt dans la question de la « cause animale », Jocelyne Porcher nous brandit son slogan « cause animale : cause du capital »3. Le capitalisme a-t-il une éthique dans sa pensée la plus radicale au travers de « la main invisible » d’Adam Smith pour permettre la libération animale ?

Le drapeau « noir et jaune » peut-il flotter dans les manifestations de la cause animale dans le même temps que des organisations qui sont jugées comme étant d’extrême-gauche tel que 269 Life ? Il semble cohérent d’en faire une démonstration sur l’apport théorique et rhétorique du « libéralisme radical » dans le mouvement de la cause animale.

Qu’est-ce que l’individu et l’individualisme ?

Il semble nécessaire d’analyser l’individu et l’individualisme.

  • L’individu

Étymologiquement, le terme individu provient du latin individuus composé du préfixe renvoyant à la négation in et du verbe dividere signifiant diviser. Ainsi un individu souligne qui « ne peut-être diviser » ou encore « ce qui est indivisible ».

On pourra donner la définition de « tout être concret, donné dans l’expérience, possédant une unité de caractères et formant un tout reconnaissable »4.

Reprenons notre définition, les animaux non-humains se caractérisent par des êtres matérialisés sous la forme d’un chat, d’une vache, d’une souris, etc. Leur « expérience » et leur appréhension de la nature selon une « épreuve » tout à fait propre à leur existence sur la même planète que la nôtre de telle sorte que les référentiels sont les mêmes. Dans le même temps, chaque animal non-humain possède des « caractères » qui lui sont propres. Ces éléments sont tout à fait reconnaissables dans « la sentience ». Dès lors, on peut en déduire que les animaux non-humains sont des individus au même titre que les êtres humains.

L’individu est dès lors l’entité qui ne peut-être divisé comme nous l’avons souligné. Dans un monde hyper-individualisé où la notion de l’individu semble prioritaire, le rôle de l’être humain convient à s’assurer de la « libération animale ». Libérer les animaux non-humains s’inscrit typiquement dans l’attachement propre des principes fondamentaux liés aux individus. Les individus non-humains possèdent des droits fondamentaux (à savoir les droits naturels imprescriptibles et les libertés individuelles). L’oppression d’un individu sur un autre individu s’inscrit sur un certain crime non pas contre l’animalité — même si les horreurs contribuent et continuent à chaque seconde —, mais contre l’individu lui-même. Dès lors, l’individu post-moderne et hyper-moderne doit prendre conscience que sans la prise en compte des intérêts de l’individu non-humain, l’individu que le « libéralisme radical » projette n’appartient qu’à la poussière.

Dans toutes les populations, les êtres vivants avec des cellules nerveuses sont considérés comme des « êtres sentients ». Dans une logique anthropocentriste ou humanocentriste, l’individu est distingué en deux communautés : les êtres humains et les animaux non-humains. Ce distinguo ne se fonde pas vraiment sur les « sciences sociales », mais surtout sur une vision artificielle. Les partisans de cette séparation entre individus sentientistes s’inscrivent dans un refus de reconnaître la démarche scientifique qui est apportée depuis des années. La question de l’inéquité ou inégalité de traitement qui est réservé aux individus non-humains tend manifestement à broyer toutes les notions qui font l’individu. Elles s’inscrivent dans une logique d’oppression et presque totalitaire.

La théorie du totalitarisme anthropocentré s’inscrit dans le fait que des individus sont dépossédés de leurs droits naturels et libertés naturelles sous prétextes qu’ils n’appartiennent pas à la bonne espèce. Ainsi, nous ne pouvons point nous glorifier d’appartenir à l’être humain sans remettre en cause l’extension de la notion de l’individu aux animaux non-humains. L’Histoire s’écrit au présent pour avoir des répercussions sur le futur.

  • L’individualisme

Dans une société où le noyau central tend justement à s’inscrire dans l’anthropocentrisme, la question de l’individualisme dans un système politique reste une question particulièrement épineuse. En effet, pour les uns, l’individualisme est synonyme de libertés individuelles, pour les autres elle synonyme de tyrannie. Quoi qu’il en soit, l’individualisme reste profondément ancrer dans une société « post-chute du mur de Berlin », la question des droits naturels tend à faire de « l’Être Humain » à un individu entièrement libre. Or, la liberté qu’il acquiert, témoigne et s’inscrit dans un processus de distanciation progressive de l’animal non-humain qui reste un individu. L’individualisme de l’Être Humain pose un véritable enjeu sur le débat, puisque la « liberté de choisir » ou le mouvement « pro-choice » reste une position douloureuse puisque d’un individualisme à un « autre » à savoir celui des animaux non-humains, il n’y a qu’un pas. De nombreuses prises de position de l’individu (spéciste) tentent de neutraliser l’idée même que nous nous faisons de l’animal non-humain. Pendant ce temps, il faut comprendre que la « révolution végétale » est aussi une « révolution sentienciste ».

Pourtant, la « liberté de consommer » s’inscrit dans cet « individualisme hypermoderne ». Le consommateur est devenu un acteur majeur de la société. Le véganisme devient une stratégie s’attaquant à la politique de l’offre. En effet, le marché étant de plus en plus flexible, nous assistons par exemple à de nouvelles entreprises comme « Les Nouveaux Fermiers » ouvrant des usines de « viande végétale »5. Pourtant l’individualisme par le consommateur tend manifestement à se transformer l’ensemble du marché et des divisions déjà présentes au sein de notre société. Les mouvements conservateurs ne veulent pas de ce changement de paradigme progressif. C’est pour cela qu’ils se servent du « l’État Légal » pour faire couler « l’innovation » à travers une procédure judiciaire6 visant à enlever le terme « Fermier » de la marque et mettre de sérieux battons dans les roues à l’entreprise « Les Nouveaux Fermiers ». Or, dans un système où l’individualisme semble être la plus haute valeur et de « la concurrence » entre les protéines « animales » et « végétales », il semble nécessaire pour les éleveurs de revoir de fond en comble leurs différentes stratégies au lieu de produire le plus souvent du « Hard-Discount » comme c’est le cas l’élevage intensif. Il faut savoir que la population refuse à plus de 80%7 ce type d’élevage.

Les corporatismes dans l’élevage ont aussi des antennes jusque dans notre parlement bicaméral. À chaque fois qu’un projet ou une proposition de loi s’inscrit dans le welfar, de nombreux députés et sénateurs cèdent aux différents corporatismes du monde de l’agriculture8. Dans le même temps, de nombreuses entreprises commencent à s’engager sur la base du volontariat en changeant les différents modes de « production ». Il s’agit d’une démonstration que les individualismes opportunistes peuvent clairement se baser sur la question du « laisser-faire ». Toutefois, le marché ne serait guère sensible si la « somme des individualités » ne s’était point manifesté à travers des associations d’information visant à sensibiliser l’opinion sur la réalité de l’élevage notamment l’élevage intensif.

Les libertés économiques s’inscrivent également dans le « droit à la transparence » même si tous les néolibéraux ne sont point d’accord. Le « secret des affaires » est considéré comme une valeur fondamentale. Dans le même temps, pour que le consommateur ait toutes les données s’inscrivant dans une « liberté de choix » entièrement « éclairé », il semble nécessaire que certaines informations lui soient données.

Au fur et à mesure que la société se libéralise dans le « bon sens », l’offre tend à se diversifier. Les acteurs économiques ont pris connaissance de l’évolution d’une société faisant sa propre « révolution végétale ». Mais tout cela ne serait pas possible sans la mise en place de libertés économiques toujours plus accrue et de la politique du « laisser-faire ». Le progrès qu’apporte cet individualisme se traduit par un nombre de vies sauvées toujours plus important. Dans ce contexte, les revendications vers un individualisme fondamental ou intégral prennent corps au sein de notre société.

C’est ce que décrira Friedrich Hayek dans la route de la servitude :

Ce qu’on abandonne peu à peu, ce n’est pas simplement le libéralisme du XIXe et du XVIIIe siècle, mais encore de l’individualisme fondamental que nous avons hérité d’Erasme et de Montaigne, de Cicéron et de Tacite, de Périclès et de Thucydide.9

Sous l’ère du néolibéralisme, l’individualisme devient le porteur d’un certain progrès comme nous l’avons vu ci-dessus avec le changement d’un paradigme en ce qu’il concerne les différentes formes d’élevage et la volonté pour les militants abolitionnistes d’en finir avec les systèmes d’exploitation des animaux non-humains peut importe la forme que cela peut revêtir. Par son choix et son action, le militant s’inscrit dans le cadre de la responsabilisation du paraître, mais aussi cela stipule de mettre en place une stratégie de fond. À l’heure d’Internet, nous sommes face à des militants pour le plus souvent véganes qui tendent à axer l’autonomisation et la liberté fondamentale. Il n’y aura certes pas de « grand soir » en ce qu’il concerne l’abolition de l’élevage puisque cela s’inscrit dans un registre moral et philosophique du regard porté sur l’animal non-humain. L’évolution lente et progressive de la libération animale s’inscrit progressivement dans une « libération par étape » Qu’elle que soit l’individualisme, il convient de souligner que

Ce que le XIXe siècle a ajouté à l’individualisme de la période antérieure a simplement consisté à donner à toutes les classes la conscience de la liberté.10

La question de la « liberté de conscience » se traduit in fine par une « sensibilisation des consciences » sur le rôle que peut revêtir l’individualisme dans la libération animale. En effet, il y a tout de même un paradoxe qui importe puisque les différents collectifs sont basés l’action collective ou publique mettant au centre l’individu. En effet, c’est à travers la matérialisation d’une prise de position et l’éclaircissement sur ce qu’il se joue dans l’élevage que la bataille du welfarisme semble se positionner dans le cadre d’une logique du « libéralisme philosophique » et de l’époque des Lumières.

Dans le même temps, l’individualisme

dont nous parlons pour l’opposer au socialisme et à toutes les autres formes de collectivisme n’a pas nécessairement de rapport avec l’égoïsme.11

La part de l’égoïsme, dont les éleveurs accusent régulièrement le mouvement de la cause animale s’inscrit dans une logique où ces derniers se trouvent dans une double position pour certaines corporations. Ils défendent le néolibéralisme, mais dans le même temps, ils défendent le protectionnisme national12.

Qu’est-ce que le néolibéralisme ?13

En 2020, la crise économique et sanitaire a laissé place à une aggravation de la crise démocratique et de la remise en cause du modèle néolibéral présent depuis les années 1970.

Plusieurs signes attestent néanmoins d’une évolution dans le regard porté sur ces contemporains de « la fin du laissez-faire » (Keynes, 1925), de la crise des démocraties, de l’avènement des régimes totalitaires et enfin de l’affrontement de deux « Supergrands » promouvant des modèles socio-économiques antagoniques.14

On peut dire que « la croissance exponentielle du recours à ce vocable, depuis maintenant plus de vingt ans, n’a pas été seulement observable dans les débats qui se déroulent au sein de l’espace public : le néolibéralisme s’est aussi peu à peu imposé dans l’espace académique comme un objet d’étude désormais légitime. »15.

Les libertés économiques n’ont jamais été aussi grandes dans l’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique. Pourtant, la crise sanitaire conjugué à une crise systémique nous interroge sur la survie du néolibéralisme tel qu’il est construit aujourd’hui. De ce fait, cette question nous pose à nous plonger dans les entrailles même du néolibéralisme.

En se radicalisant sans cesse sans prendre en compte l’aspect démocratique, le néolibéralisme poursuit son chemin vers un libéralisme radical sans se renouveler et sans prendre en compte les différents paramètres actuels : augmentation du chômage de masse, augmentation des inégalités, augmentation du réchauffement climatique, etc. Ainsi, nous analyserons le néolibéralisme de ses origines à travers les différentes écoles (Chicago et Autrichienne) pour s’intéresser finalement au néolibéralisme à la française.

  • Aux Origines du Néolibéralisme

En 2020, la question du néolibéralisme a tendance à créer de gigantesque polémique puisque nous vivons dans une société largement libéralisée. Le terme « néo » renvoie à la terminologie de « nouveau », c’est ainsi la renaissance du libéralisme qui apparaît avec la synthèse néoclassique. Pourtant lorsqu’on « emploie souvent l’expression ‘néo-libéralisme’ pour qualifier un ‘ultra-libéralisme’, qui se manifesterait en France et dans la plupart des pays occidentaux depuis la fin des années 1970. Rarement est posée la question de la nouveauté, nécessairement problématique, que renferme le préfixe ‘néo’, autrement que sous l’angle d’un renouveau du libéralisme dans la vie politique et les pratiques étatiques »16.

Frieriech Hayek développait plus précisément un néolibéralisme avec des valeurs morales. La percée du néolibéralisme se réalise également dans le sens où la lutte contre le socialisme étatique qu’il faut comprendre comme le Stalinisme reprend de façon vigoureuse. Le modèle de relance par l’État lors d’une crise économique s’inscrivait dans une vision antagoniste du « l’économie de marché » à savoir le capitalisme. Ceux qui refusent d’accueillir cette idéologie comme « l’horizon définitif de l’humanité, commettent, comme aurait dit Friedrich Hayek, ‘l’erreur de la raison’ la plus dangereuse qui soit. »17

La révolution néolibérale des années 7018 a sacralisé la rupture étatique. Ce vigoureux tournant néolibéral « pris dans les années 1970 qui vient saper les bases de l’État social marque sans conteste une nouvelle période du capitalisme en déployant ses effets sur la scène mondiale »19. En effet, l’un des objectifs consiste à « pouvoir agir sans peser sur l’argent des contribuables »20, « seule une foi absolue dans le marché est digne d’être défendue, car l’État est potentiellement liberticide, ce qui entraîne des restrictions qu’il est censé assigner au marché – conformément à ce qui est prescrit par les libéraux – induisent nécessairement une confiance aux pouvoirs publics qui a peu à voir avec l’héritage libéral »21.

Il faut comprendre que chez les partisans du néolibéralisme, « la confrontation entre l’offre et la demande »22 ne s’inscrivait pas dans une loi sociale, mais dans une loi physique à l’état pur sans prendre en compte les individualités et les particularités au sein de la société. Ainsi, « la preuve en était que les crises et les dysfonctionnements de l’économie étaient supposés provenir des interventions intempestives soit des politiques, avec des lois faussant les règles du marché, soit des mouvements sociaux troublant le jeu des affaires »23.

Le libéralisme radical de Friedrich Hayek se fonde sur les « libertés économiques » laquelle est basée sur « une théorie de la connaissance ». Hayek rejette le constructivisme cartésien à travers l’un des éléments clef de l’économiste : réaliser « une table rase » du capitalisme étatique pour la montée en puissance du capitalisme de marché24.

Le libéralisme radical de Friedrich Hayek se fonde sur la « liberté économique » laquelle est basée sur « une théorie de la connaissance ». Hayek rejette le constructivisme cartésien à travers l’un des éléments clefs de l’économiste : réaliser « une table rase » du capitalisme étatique pour la montée en puissance du capitalisme de marché25.

La grande révolution s’inscrit dans le fait que le marché est porteur de « progrès » et d’une « société ouverte aux évolutions »26.

Le discours libéral-libertaire se trouve également confronté au discours libéral-autoritaire au travers d’un illibéralisme. Le paradoxe de certains libéraux-libertaires comme la présidence d’Emmanuel Macron tend à asseoir progressivement une démocratie en une démocratie fermée et bâillonnée. L’illibéralisme se trouve aux États-Unis d’Amérique sous Trump, au Brésil sous Bolsonaro, en Hongrie sous Orbàn, etc.

  • Du libéralisme-libertaire au libéralisme autoritaire

Le tournant majeur de la pensée libérale – libértaire provient entre autres des différents mouvements sociaux dans la fin des années 60. En France, cela se situe en 1968. « un berceau de la nouvelle société bourgeoise. Les divers mouvements culturels s’inscrivent dans une dynamique qui est celle de l’individualisme » si cette date fait figure de référence au vu des événements de mai 1968, il en reste pas moins que les conséquences de ces dernières furent une grande vague conservatrice27.

Il faut concevoir que « les penseurs du ‘nouveau’ libéralisme vont donc remettre en chantier ses convictions centrales et promouvoir, à côté de la liberté individuelle, les valeurs de la responsabilité sociale, de la solidarité et de l’égalité, du bien commun, et ce à travers toute l’Europe et même aux États-Unis »28.

Dans le même temps, la montée du national-libéralisme au triste résultat de la « montée en puissance des extrémismes […] (d)es succès électoraux des partis xénophobes »29. Dans le même temps, on constate que « la bourse de Sao Paulo a atteint des niveaux historiques et n’a cessé de battre des records. Tout se passe comme si les milieux financiers saluent la victoire de Jair Bolsonaro »30. Les « néo–  » et « ultra-libéraux » qu’ils soient ou non d’extrême-droite s’inscrivent dans la logique de Foucault : « il faut gouverner pour le marché, plutôt que gouverner à cause du marché »31.

Nonobstant ces faits, il convient de ne pas confondre avec la révolution néoconservatrice qui l’accompagne dans de nombreux pays. La vague néolibérale peut s’accompagner d’une vague progressiste dans certains pays, mais le renouveau du conservatisme s’enracine également très fortement dans le nationalisme. Ils sont radicalisés et la droite alternative (alt-right)32 devient redoutable. Elle laisse place à un terrorisme suprématisme blanc comme à Christchurch ou Charlottesville.

L’une des problématiques réside dans le fait que le fait que le néolibéralisme s’inscrit dans un processus de plus en plus instable, mais il survit aux différentes crises notamment la crise des subprimes en 2007-200833.

Il tend à se rigidifier, à se durcir qu’à laisser une nouvelle porte de sortie pour un nouveau système économique34. Dans le même temps, on peut dire que le « bon en avant entre 1982 et 2007 malgré les récessions de 1987, 1991, 1997 et 2000 (il s’agissait d’un simple cycle des affaires). Toutefois, la période entre 1948 et 1973 fût globalement plus longue et non-reproductible »35.

Les mouvements fondamentalistes chrétiens et la montée en flèche de l’alt-right étaient prévisibles depuis le basculement de la société dans le néolibéralisme. Fondé sur un anticommunisme triomphant et un refus de la « gauche démocratique », le Parti Républicain se base et assoie une ressource électorale de plus en plus importante. Les fidèles permettent une mobilisation sans faille pour les différentes élections36. L’élection à la présidence des États-Unis d’Amérique refera sortir un socle électoral : les évangélistes en vue de réélire Donald Trump. .

  • De la social-démocratie au social-libéralisme ou néolibéralisme de gauche

Sous la présidence de François Hollande, le social-libéralisme a largement triomphé dans notre pays avec la libéralisation progressive du pays entre 2012 et 2017 poursuivant la doctrine d’un néolibéralisme agressif de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012. De la doctrine à la mise en pratique sous un gouvernement auto-proclamé comme progressiste se sont écoulés près d’une vingtaine d’années. La social-démocratie s’est alors dissout dans le néolibéralisme (et le libéralisme) afin de créer le social-libéralisme. Il s’agit d’une doctrine hybride entre le socialisme et le néolibéralisme37. La droitisation de notre société change les lignes et les codes. Le néolibéralisme cède la place à l’ultra-libéralisme et la droite à l’extrême-droite. Dans cette circonstance, la gauche radicale est considérée comme une pensée extrême défendant une pensée totalitaire et dangereuse. L’opposition de gauche se retrouve confrontée au néolibéralisme38.

La question du « socialisme libéral » ouvre également la porte aux différentes théories de Stuart Mill. En effet, l’une des principales idées réside dans le fait de créer un socialisme grâce aux différents gains des politiques libérales. Il s’agit d’une pensée assez contradictoire à première vue, mais elle s’inscrit dans l’évolution fondamentale de la « sociale-démocratie » à l’ère du néolibéralisme. La vision progressiste qui s’en dégagerait reste une abstraction de l’utopie.

Dans le même temps, le social-libéralisme reste aussi un pont entre le vieux socialisme et le néolibéralisme triomphant39. Lorsque s’écroule le social-libéralisme alors le néolibéralisme s’inscrit comme victorieux puisque le social-libéralisme est une de ses variantes. Sous la présidence actuelle d’Emmanuel Macron40, la théorie du ruissellement permet de libérer les énergies à travers « la suppression de l’impôt sur la fortune, diminution des aides personnalisées au logement (APL), etc. »41. Toutefois, le président « ne se radicalise pas en raison des échecs du néolibéralisme en France, il se radicalise en raison de ses victoires »42. Mais, le néolibéralisme à la française ne semble guère fonctionner sur la question des libertés individuelles. En effet, l’autoritarisme sous les différents ministres de l’Intérieur laisse place à un maintien de l’ordre public de plus en plus musclé. La victoire du Néolibéralisme à la Française reste également une défaite des différentes juridictions dans leur mesure à protéger l’individu vis-à-vis de l’État.

Qu’est-ce le libertarianisme et l’anarchocapitalisme ?

  • Libertarianisme

Les différentes grilles de lectures font apparaître un fossé sans précédent entre la « droite alternative » et le libertarianisme. On notera que le libertarianisme s’est lui-même scindé en deux courants différents : le libertarianisme de droite et le libertarianisme de gauche43. La question de la Justice apparaît comme fondamental44. S’il est vrai qu’il existe un parti Libertarien aux États-Unis d’Amérique, il en demeure pas moins que cette pensée reste abstraite et superflue en Europe. Le renouveau du libéralisme passe par le progressisme45.

D’un pas à l’autre, elles permettent d’apporter un angle d’approche sur les différentes libertés collectives. Ces dernières proviennent des libertés individuelles. Elles sont considérées comme sacrées.

Le droit naturel reste une variable fondamentale dans le projet libéral46, mais reste largement critiqué à gauche notamment par Karl Marx47. Dans ce contexte, le principe contractuel devient un élément moteur du principe d’individualisation de la propriété privée. Les libéraux de toutes horizons considère que « l’individualisme libéral [est le seul] à garantir un ordre social viable »48.

A contrario, chez les libertariens, le droit de propriété est tellement sacralisé que l’animal ne peut-être dépossédé du droit à disposer de lui-même et de son propre corps. Dans les sociétés les plus libéralisées, l’individu peut vendre son corps à travers la prostitution ou encore la GPA49. Toutefois, la propriété privée du corps permet justement, entre autres, d’atteindre la marchandisation de la vie. Différentes organisations politiques opposées militent les uns contre les autres avec des arguments parfois trompeurs, même si nous atteignons sur d’autres sujets un consensus au sein de notre société.

  • Anarcho-capitalisme

L’anarcho-capitalisme un anarchisme capitaliste. Tirant son inspiration de l’anarchisme individualiste notamment de Stirner50. La radicalisation de la théorie de Stirner pour arriver à un individualisme fondamental entretient chez les adeptes de cette théorie une vision particulièrement sombre. Mais l’individualisme de Stirner se base également sur la notion absolue de la propriété privée. Cependant, la notion de cette dernière défendue par la constitution ne permettait pas la libération de l’individu de « joug de l’oppression ». Dans Outrage à Chef d’Etat51, Lysander Spooner s’inscrit typiquement dans la remise en cause du contrat social en affirmant que

La constitution n’a nulle autorité ou qui lui soit inhérente ? Elle n’a nulle autorité ou obligation quelle qu’elle soit, si ce n’est comme contrat entre un homme et un autre.52

Il avance que la constitution en tant que contrat s’inscrivait dans le cadre de la signature de leurs membres53. Or, aujourd’hui de nombreux de ces personnes sont actuellement décédés de même tout comme la portée du contrat social. Dès lors, le contrat devient entièrement caduc54.

Compte tenu des conditions de propriété requises, il est probable que, durant les vingt ou trente premières années où la constitution a été en vigueur, le dixième, le quinzième au plus, ou même peut-être le vingtième de la population […] fut autorisé à voter55.

Pour extrapoler la pensée de Lysander Spooner, il semblerait cohérent d’avoir une constitution à chaque génération (selon son époque). La question des droits naturels ne doit point être entravé par un contrat qu’un individu n’a pas signé. La théorie contrat social devient entièrement caduque puisque les individus ne signent pas de contrat social. Au contraire, ils ont tendance à se soumettre à ce dernier de façon implicite sans qu’on leur demande leur avis.

L’un des alpha et de l’oméga du libéralisme reste le consentement de l’impôt. Au moment donné, où il n’y a pas de consentement de l’impôt alors se crée une distorsion entre le gouvernement, la constitution et les citoyens. Lysander Spooner soutient que le paiement des différents impôts ne suffit pas à reconnaître la constitution comme légitime pour dans un « État de droit », l’impôt n’est pas facultatif, il reste obligatoire. Par ce caractère obligatoire, cela ne signifie en aucun cas qu’il y a un soutient de ceux le paye vers une reconnaissance de la constitution56.

On peut en déduire que pour Lysander Spooner : « l’Impôt c’est du vol ! ».

Les procédés de ces voleurs et assassins qui se font appeler « le gouvernement » sont exactement à l’opposé de ceux qu’utilise le bandit isolé.57

Ainsi Lysander Spooner58 défendaient le droit de propriété partout où il était possible. La théorie du contrat social59 laisse place à la théorie générale du contrat60 appliquée à l’ensemble d’une société.

Depuis près de deux siècles — depuis 1677 — il existe dans le Code des lois de l’Angleterre une loi — et la même loi, pour la substance sinon exactement pour la lettre, a été répété, et est maintenant en vigueur dans presque tous les Etats de l’Union sinon tous — dont la teneur générale consiste à affirmer qu’on n’entreprendra aucune action visant à faire appliquer un contrat de la catégorie la plus important s’il n’est pas mis par écrit, et signé par les parties qui seront liées par ce contrat61.

Implantation du libéralisme radical dans la cause animale

  • L’individualisme de l’animal et ses conséquences

Le néolibéralisme, l’ultra-libéralisme et le libertarianisme s’inscrivent dans la responsabilité individuelle62.

Un individu reste responsable de ses propres choix et des conséquences qu’ils engendrent dans le futur. L’État n’a pas à s’initier dans la vie privée de chaque individu puisqu’il est maître de son propre corps, mais aussi de sa destinée. Cela s’inscrit dans la filiation du mouvement féministe et du care63. La conséquence incombe nécessairement à s’inscrire dans la tradition du mouvement pro-choice64 à savoir être libre de ses choix tout en reprenant le contrôle sur son corps. Cela souligne que le corps de l’individu est une propriété privée c’est-à-dire que « la société est faite pour défendre la vie et la propriété de soi-même, aider au développement et au plein épanouissement des facultés de chacun »65.

La notion de la « propriété de soi-même » souligne la condition sine qua none de considérer l’existence du « soi » et du « moi »66. Or, les spécistes de toute nature considéreront que l’animal non-humain n’a pas conscience du « moi », il ne peut avoir conscience avec les autres. Pourtant, les méta-données de la littérature scientifique et philosophique sont significatives et aboutissent de la part d’une revue spéciste à considérer que « les animaux d’espèces diverses, ont montré des aptitudes variées en termes de consciences »67.

Originellement, la propriété privée désigne « dans son rapport avec l’espace, désigne ici en premier lieu la propriété foncière, qui a toujours eu dans l’histoire une importance économique et symbolique particulière, d’autant plus grande que les sociétés étaient davantage marquées par la propriété du sol immuable et territorialement délimitée »68.

Nous allons définir la « sentience » comme un concept nécessaire. Elle a été introduite par Benjamin Bentham69. Cette notion s’inscrit dans le développement nécessaire de la « cause animale ». On peut dire que « la raison d’être de l’éthique animale la plus fréquemment invoquée est l’existence d’une sensibilité animale, c’est-à-dire d’une capacité de ressentir des expériences vécues, qu’elles soient plaisantes ou déplaisantes. Si les animaux ne ressentaient rien, la question de leur statut moral, celle de notre responsabilité à leur égard, ne se poserait pas davantage que pour les arbres, les légumes, les roches ou les rivières »70.

Astrid Guillaume, pose une définition claire en affirmant que « si l’on se réfère aux travaux de Donald M. Broom, biologiste émérite de l’Université de Cambridge, auteur en 2014 de Sentience and Animal Welfare et en 2017 du rapport européen « Le bien-être animal dans l’Union européenne », un être « sentient » est capable : d’évaluer les actions des autres en relation avec les siennes et de tiers  ; de se souvenir de ses actions et de leurs conséquences  ; d’en évaluer les risques et les bénéfices  ; de ressentir des sentiments  ; d’avoir un degré variable de conscience »71.

À travers les différentes définitions, on peut dire que l’animal non-humain possède deux caractéristiques : la « sentience » et la « conscience ». Dès lors l’animal non-humain apparaît comme maître de lui-même dès lors qu’il n’est pas captif.

Les animaux non-humains sont maîtres de leur propre destiné et de ce fait la « propriété privée » qui en a été fait à ce jour de l’animal vers l’être humain ou le groupe d’être humain constitue un vol et une entorse majeure aux principes fondamentaux du libéralisme philosophique. La question n’est pas qu’il s’agisse d’un seul individu, mais que ce « vol » des droits naturels constitue une norme.

Certaine association parle d’esclavage des animaux non-humains à toute échelle (les animaux dans les cirques — les delphinariums ; les animaux dans les hangars destinés aux abattoirs, à la fourrure, à la chasse ; la tauromachie, etc.). Les partisans de l’inégalité de Homme/Animal considéreront qu’il s’agit d’un anthropomorphisme, mais également que celui comporte une dose de rationalité vis-à-vis de l’esclavage tel qu’il a été construit en Europe, en Amérique du Nord et du Sud ou en Afrique. Quelle différence entre l’esclavage entre l’Être Humain par l’Être Humain et celui de l’Animal Non-Humain par l’Être Humain ? Dans le fond, il s’agit du vol de la propriété privée individuelle. Pourtant, dans une société libérale l’individu doit être maître de sa propriété privée c’est-à-dire que l’animal non-humain est son propre maître.

La Théorie des Droits des Animaux développée dans Zoopolis72 met en lumière que les animaux non-humains pris en tant qu’individus appartiennent à une communauté d’intérêt identique définissant un statut moral propre à ces derniers73.

Dans le même temps, nous avions démontré que l’animal non-humain était sa propre propriété privée et qu’il était responsable de son propre corps. On concédera qu’il y a dès lors une graduation dans les différents types de propriété privée. Les êtres sentients l’emportent sur les autres types de propriété privée. Dans ce sens, l’animal non-humain qu’il soit un chat, une chèvre ou un pachyderme reste un individu. En ce qu’il concerne la sacralisation du corps et la promotion de l’individualisme, l’individu ne peut-être assassiné, disséqué, transformé et ingéré puisqu’il fait partie de la même communauté morale que la nôtre.

  • La cause animale dans le libéralisme radical

La « cause animale » se diffuse lentement dans notre société à travers une diffusion de toutes les couches de la société. L’antispécisme a trouvé sa branche sur les marchés qui se nomme le « véganisme »74. Cet éthique et ce mode de vie tendent à mettre en avant une vision ouverte où l’équalité entre l’animal non-humain et l’être humain est respecté se traduisant par un refus de l’exploitation animal peu importe son degré. L’une des caractéristiques propre au « véganisme » se traduit par le fait qu’il réside par un comportement individuel et se manifeste collectivement par l’individualisme propre de chacun permettant de faire basculer la société. Dans un monde toujours plus libéral, l’appétence des différents marchés financiers vers les protéines végétales progresse de façon crescendo. Différents labels se sont créés comme celui de la Vegan Society75. Ainsi, le consommateur en tant qu’individu peut influencer directement l’offre à travers la demande et de ce fait l’offre s’adapte par rapport à la demande.

Nos sociétés aspirent tous à l’égalité entre les individus. Doit-on sacrifier une partie des droits pour arriver à cet amarrage que la liberté sans l’égalité n’est que l’ombre d’elle-même76 ?

L’État essaye toujours de trouver une synthèse entre l’une et l’autre, mais nous aboutissons toujours à une synthèse qui ne prend pas en compte tous les individus qu’elle est censée protégée. On peut dire que l’État dans sa modélisation classique a totalement failli à sa mission. Dans ce contexte où une partie de la communauté d’intérêt et moral est envoyée vers des abattoirs puis ingurgitée par des personnes de cette même communauté, nous sommes en mesure d’interroger le degré de confiance que nous devons à État là.

L’État Régalien a clairement failli dans sa mission de protéger « l’autre ». L’une de ses missions qui visent à garantir la sécurité des libertés individuelles et de la propriété privée individuelle a clairement failli. Le sabordage du pouvoir régalien dans tous les pays au profit d’un apartheid basé sur la plus grande discrimination au sein d’une « communauté » d’intérêt et moral, laisse des valeurs démocratiques en totale perdition. Évidemment, il ne s’agit point de déconstruire les différents mouvements pour les droits civiques dans les pays tout comme de faire du relativisme du combat de Nelson Mandela. Ce désastre moral se traduit par des conséquences irrémédiables : chaque jour des centaines de milliers voir des millions d’êtres sentients et conscients sont égorgés pour servir de nourriture aux « zoophages ». Si les différentes lois à travers les parlementaires ; les différents décrets, arrêtés, courriers à travers les ministres, les préfets ou les maires structurent cette pensée visant à maintenir l’État dans la débâcle absolue sur la question, alors il convient de dire que cela pousse à enracinement dans la culture anti-étatique moderne.

Ainsi, la question de militer collectivement avec L’État perd un semblant de crédibilité puisque cet État réprime les partisans qui militent pour qu’il y ait une différence entre les individus d’une communauté d’intérêt, moral et philosophique identique. Cette perte de crédibilité s’inscrit dans une défiance voir une phobie absolue de l’État77.

Pourtant le néolibéralisme a besoin d’un État régalien fort pour asseoir la garantie des différentes libertés individuelles se traduisant par un pouvoir exécutif et législatif fort et un pouvoir judiciaire pour garantir son bon fonctionnement78. Après son échec à garantir les droits naturels et les libertés fondamentales, il convient de souligner qu’il semble nécessaire de dépasser le concept de l’Etat.

La cause animale dans le libéralisme radical

  • Les actions de l’ALF à la destruction de la propriété privée pour défendre les droits naturels et les libertés fondamentales

L’une des problématiques consiste dans la criminalisation du monde militant. Il existe des collectifs plus ou moins radicaux relevant d’une autre idéologie, dont il est nécessaire de nous y intéresser. En effet, des collectifs comme l’ALF (Animal Liberation Front) sont considérées comme des écoterroristes et d’être financées par de grandes associations79. Cet activisme de la mouvance radicale de l’écologie80 ne semble guère être soluble dans un autre courant. Ils sont considérés comme des « extrémistes » par les différents spécistes81.

Si les actions se multiplient en Amérique du Nord, elles commencent à apparaître en Europe occidentale et en particulier en France notamment contre la chasse. Toutefois, la destruction de la propriété privée pour revendiquer les droits naturels et les libertés fondamentales s’inscrit dans une certaine dichotomie. Doit-on placer l’individu au-dessus d’une propriété privée « chimérique » et « illusoire » ? Or, nous constatons que les différents marchés n’arrivent pas à s’autoréguler de façon mécanique s’il n’y a pas un jeu de pression entre les différentes parties d’un contentieux de fond, mais aussi sur la forme travaillant l’ensemble de la société. La « puissance du marché » démontre son incapacité sur la question de la chasse notamment, mais sur d’autres sujets à évoluer. La société doit guider progressivement les différents marchés à emprunter d’autres chemins pour se renouveler. Dans le même temps, nous avons démontré que la position anti-étatique du néolibéralisme arrive en bout de chemin. Il semble cohérent pour défendre la suprématie de l’individu sur les autres formes de propriété privée de dépasser justement le néolibéralisme.

Le libertarianisme permettrait un nouvel enjeu de société puisque la biotechnologie est en train de remplacer progressivement l’élevage soit sous forme de viande artificielle ou encore de viande In Vitro. Il s’agit de « la seule viande sans souffrance » ou à « viande à souffrance réduite »82. À ce jour, nous ne connaissons pas l’impact sur l’environnement d’un secteur en plein essor83. En effet, l’élevage représente l’une des premières cause du réchauffement climatique84.

Les différents chercheurs spécistes comme Paul Ariès85 ou Jean-Pierre Digard86 affirment que nous sommes devenus des agents du capitalisme. Pourtant, la « liberté d’entreprendre » tout comme le véganisme offre une porte importante pour les différents marchés. Les différentes normes se doivent d’être assoupli afin de laisser émerger une offre alternative provenant d’une partie de la société.

  • Une Division du Travail Sexuée

La société libérale s’inscrivant dans un capitalisme plus ou moins débridé est basé sur les libertés individuelles comme nous l’avons vu. Or, le libéralisme qu’il soit néo- ou libertarianisme ne fait de rempart contre la division du travail sexué87 et a posteriori du sexisme. La question de l’alimentation peut paraître incertaine, mais elle est devenue également une question de combat dans le cadre du spécisme et du sexisme88. En continuant de se nourrir comme certains le soutiennent depuis « nuit des temps », il y a dichotomie importante puisqu’il y a une participation in fine à une société patriarcale et conservatrice ne souhaitant pas l’émancipation de la femme dans un premier plan et celui des animaux non-humains dans un second plan. Le progrès du libertarianisme s’oppose manifestement à tous ces individus ne souhaitant pas une évolution digne sur deux axes simultanée : l’égalité de valeurs et philosophiques entre l’animal et l’être humain ; l’égalité structurelle, de droit et réel entre la femme et l’homme avec la remise en cause d’une division du travail sexuée.

Dans une société libérale, un animal non-humain est la propriété d’une personne ou d’une société par actions. Or, la liberté de l’animal est considérée comme inexistante. De ce fait, elle est supprimée pour être mise en esclavage89 vis-à-vis d’autres animaux sans qu’il y ait d’accords clairs et objectifs. On parle le plus souvent de contrat entre les différents animaux non-humains et d’un certain mutualisme. Or, il n’y a pas de symbiose dans la relation « animal/homme » alors qu’elle peut exister dans la relation « animal/animal » dans la nature90.

Cette forme de violence explicite ou implicite se traduit par le fait qu’il n’y a pas de contrat entre l’être humain et l’animal non-humain. Les animaux domestiques comme les chats et les chiens ont perdu la totalité d’autonomie du fait qu’ils ne sont plus sauvages, mais les gènes sélectionnés tendent à faire d’eux des animaux sages comme des images. Évidemment, il ne s’agit pas de rejeter ces animaux, dont le vice s’est installé dans les relations homme/animal à travers notamment l’eugénisme. Les reproductions restent tout à fait artificielles. On peut voir également le même lobby que celui agro-industriel dans les élevages de chiens comme de chats.

  • La fin de l’animal-machine vers la propriété privée de l’animal non-humain

La raison étatique tout comme les différents groupes de pressions tendent à considérer l’animal comme une machine ou comme un objet. Le système de pensée de Descartes91 tente à imposer le spécisme partout où il est possible. Extrémiste pour les uns, extrémiste pour les autres, il semble cohérent de voir que l’animalité renvoie tantôt à un procédé visant à rendre « barbare » les animaux non-humains. Dans les différentes représentations

Ce consensus est défini par un système de pensée qui tend à mettre en avant que l’être vivant peut effectivement se marchander pour une raison simple : l’être humain serait supérieur aux autres espèces notamment sur le plan intellectuel. Le spécisme tend à poser les bases pour traduire dans les actes par la déchéance des animaux non-humains de leurs droits et de leurs libertés fondamentales.

À aucun moment, il n’y a un jugement de la part d’un tribunal privé ou publique sur la déchéance de ces droits. Dans un État de droit, les différentes mesures à l’encontre des individus se traduisent notamment par des décisions de droit. Actuellement, le postulat ne passe pas au travers d’un tribunal privé tout comme publique, mais dans des lois que les consortiums agro-industriels font passer sous prétexte de défendre « l’emploi », « la ruralité », « l’autonomie alimentaire ». etc. Ces arguments tendent à constater que les « véganes » et les « antispécistes » veulent finalement la fin d’un monde particulièrement ancré dans la réalité. La constatation du « pays réel » de Charles Maurras92 refait surface au moment où ces derniers disposent de tout l’appareil d’État pour se défendre en engrangeant une riposte de fond : spot publicitaire comme pour le régime « flexitarien » par Interbev93, articles dans les journaux, etc.

Des arguments qui peuvent apparaître juste en façade, mais qui ne passent pas le défit de la mission sentience. Les différents lobbies agro-industriels à représenter leurs intérêts personnels dans les différents monopoles démontrent qu’ils ne défendent pas l’intérêt général, mais leur propre intérêt individuel c’est-à-dire que l’intérêt des animaux non-humains passent totalement à la trappe. Mais, les éleveurs, les employés d’abattoir, les bouchers, etc., savent très bien s’y faire puisque leurs différentes professions sont retranscrites et codifié dans les différentes lois de la République de telle sorte que le lobby est fixé ans un dans le droit commun avec impossibilité de manœuvrer. La marche de manœuvre semble rétrécit puisque la Justice a pour objectif d’appliquer les lois de ces différents groupes de pressions au mépris de l’intérêt général à savoir les différents intérêts individuels de chaque animal non-humain.

L’égoïsme apparaît comme la solution nécessaire de l’évolution du propre de l’être humain, mais aussi dans son évolution selon les libéraux et les libertariens. Pourtant, la mise sous tutelle des différents animaux non-humains dans des fermes à travers des conditions où se trouve l’ignominie se traduit de facto par une suspension du respect.

Notes

1Akram Belkaïd & Lamia Oualalou, « L’international réactionnaire », Le Monde Diplomatique, n°798, 67e année, Août 2020

2Jérôme Cordelier & Thomas Mahler, « Henri Tincq : « Une partie de l’Église se droitise, voire s’extrême droitise » », Le Point [En ligne], le 1 avril 2018, URL : https://www.lepoint.fr/societe/henri-tincq-une-partie-de-l-eglise-se-droitise-voire-s-extreme-droitise-01-04-2018-2207154_23.php

3Porcher, 2019

4Cf. https://www.cnrtl.fr/definition/individu

5Cf. https://www.lefigaro.fr/flash-eco/substituts-vegetaux-de-viande-lancement-de-la-premiere-usine-en-france-les-nouveaux-fermiers-20200921

6Cf. https://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/substituts-vegetaux-de-viande-les-interprofessions-assignent-les-nouveaux-fermiers-en-justice-1,15,2501380711.html

7Yougov, 2019

8Cf. http://pierrelebec.fr/spip.php?breve10

9Friedrich A. Hayek, la route de la servitude, 1985, p.17

10Ibid, p. 18

11Ibid, p. 19

12Philippe Baqué, « On veut des Polonais et des Marocains ! », Le Monde Diplomatique, n°726, 61e année, Septembre 2014

13Stephanie Lee Mudge, What is neo-liberalism ?, Socio-Economic Review, Volume 6, Issue 4, October 2008, Pages 703–731, https://doi.org/10.1093/ser/mwn016

14Châton, Gwendal. « Libéralisme ou démocratie  ? Raymond Aron lecteur de Friedrich Hayek », Revue de philosophie économique, vol. vol. 17, no. 1, 2016, pp. 103-134.

15Caré, Sébastien, et Gwendal Châton. « Néoliberalisme(s) et démocratie(s) », Revue de philosophie économique, vol. vol. 17, no. 1, 2016, pp. 3-20. (souligné par moi)

16Denord, François. « Aux origines du néo-libéralisme en France. Louis Rougier et le Colloque Walter Lippmann de 1938 », Le Mouvement Social, vol. no 195, no. 2, 2001, pp. 9-34.

17La revue des livres, Penser le néolibéralisme, par Christian Laval, Nouveaux Cahiers du Socialisme [En Ligne], le 11 juillet 2012, Consulté le 01 octobre 2020, URL : https://www.cahiersdusocialisme.org/penser-le-neoliberalisme-par-christian-laval/

18Julien Rajaoson. LA SIGNIFICATION DU NÉOLIBÉRALISME. COMMENT PENSER LE NÉOLIBÉRALISME APRÈS LA CRISE DE 2008 ?. Analele Universităţii Dunărea de Jos din Galaţi, fasc. XX, Sociologie, Universităţii Dunărea de Jos din Galaţi, 2012, pp.5-25. ⟨halshs-01373658⟩

19Lionel Jacquot, « David Harvey, Brève Histoire du néolibéralisme, Paris, Les Prairies ordinaires, coll. « Penser/Croiser », 2014, 320 p. », La nouvelle revue du travail [En ligne], 5 | 2014, mis en ligne le 06 novembre 2014, consulté le 01 octobre 2020. URL : http://journals.openedition.org/nrt/2037 ; DOI : https://doi.org/10.4000/nrt.2037

20Op. Cit. n°6

21Idem

22Puel, Hugues. « Le néolibéralisme, modèle économique dominant », Revue d’éthique et de théologie morale, vol. 233, no. 1, 2005, pp. 29-51.

23Idem

24Id.

25« Le libre marché, qui est avant tout, grâce aux prix, un système d’information, permet à une multiplicité d’acteurs, placés dans des situations fort diverses, de prendre individuellement les meilleures décisions possibles. Cela stimule les intelligences pratiques des individus et permet les émergences créatrices d’une société ouverte aux évolutions et au progrès », In, Id.

26« Aujourd’hui déclinée jusqu’au lieu commun par diverses composantes de la gauche antilibérale, qui tiennent 1968 pour le moment inaugural du libéralisme économique et financier, comme elle l’est également par ceux qui, à droite en particulier, lui imputent la perte d’autorité et partant des repères, cette lecture a surgi dans la seconde moitié des années 1970, alors que s’amorçait bel et bien le tournant libéral, au sens économique qu’on lui confère aujourd’hui. », in, MARGAIRAZ, Michel ; TARTAKOWSKY, Danielle. Introduction In : 1968, entre libération et libéralisation : La grande bifurcation [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2010 (généré le 04 octobre 2020). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pur/101874> . ISBN : 9782753567429. DOI : https://doi.org/10.4000/books.pur.101874.

27« Aujourd’hui déclinée jusqu’au lieu commun par diverses composantes de la gauche antilibérale, qui tiennent 1968 pour le moment inaugural du libéralisme économique et financier, comme elle l’est également par ceux qui, à droite en particulier, lui imputent la perte d’autorité et partant des repères, cette lecture a surgi dans la seconde moitié des années 1970, alors que s’amorçait bel et bien le tournant libéral, au sens économique qu’on lui confère aujourd’hui. », in, MARGAIRAZ, Michel ; TARTAKOWSKY, Danielle. Introduction In : 1968, entre libération et libéralisation : La grande bifurcation [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2010 (généré le 04 octobre 2020). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pur/101874> . ISBN : 9782753567429. DOI : https://doi.org/10.4000/books.pur.101874.

28Audard, Catherine. « Le “nouveau” libéralisme », L’Économie politique, vol. 44, no. 4, 2009, pp. 6-27.

29Michel Santi, Le néo-libéralisme, responsable de la montée de l’extrême droite ?, La Tribune, le 30 mars 2014

30Elio Panese,« Jair Bolsonaro : l’extrême-droite au service du néolibéralisme », Le blog d’Elio Panese, Le Temps [En Ligne], le 11 novembre 2020, consulté le 06 octobre 2020, URL : https://blogs.letemps.ch/elio-panese/2018/11/11/bolsonaro-extreme-droite-neoliberalisme/

31Foucault, Michel., Naissance de la biopolitique, 2004.

32Raim, Laura. « La « nouvelle droite » américaine. Les défenseurs du peuple blanc contre la démocratie », Revue du Crieur, vol. 5, no. 3, 2016, pp. 36-51.

33Lequesne-Roth, Caroline. « Retour sur la crise des « subprimes » – autopsie d’une déraison d’Etat », Revue internationale de droit économique, vol. t. xxiii, 2, no. 2, 2009, pp. 219-242.

34Neil Davidson, Le néolibéralisme comme agent de l’autodestruction du capitalisme, Contretemps [En ligne], le 29 mai 2017, Consulté le 30 octobre 2020, URL : https://www.contretemps.eu/neoliberalisme-autodestruction-capitalisme-davidson/

35Idem

36« Considérons une importante source de soutien du Parti républicain aux États-Unis : depuis la fin des années soixante, il s’appuie de plus en plus sur les communautés chrétiennes fondamentalistes, que leur activisme permet de mobiliser pour les élections. Mais ce noyau de vote religieux, ou à tout le moins sa direction, exige aussi, naturellement, la mise en œuvre de certaines mesures comme prix de son soutien. Le problème des Républicains n’est pas seulement que l’extrémisme des chrétiens fondamentalistes pourrait leur aliéner l’électorat « du juste milieu », dont les résultats électoraux dépendent de plus en plus. », In, Neil Davidson, 2017

37« La classe moyenne privilégierait de plus en plus la responsabilisation des individus et refuserait les lourdes impositions du welfare state (d’où le work-fare, repris en France par la droite, la CFDT et les tenants du social-libéralisme). […] Il y a une réflexion concertée, qui a sa cohérence autour de la notion de « société du risque » chez les théoriciens du social-libéralisme, depuis Giddens-Blair, Ulrich Beck, jusqu’à Delors-Rocard-Strauss-Kahn du côté du Parti socialiste, ou de la part des intellectuels organiques du MEDEF : F. Ewald et D. Kessler. » In Lojkine, Jean. « Retour sur les fondements théoriques du « social-liberalisme » », Nouvelles FondationS, vol. 1, no. 1, 2006, pp. 76-84

38Hatton, Edwin. « La drôle d’histoire du néolibéralisme. Romaric Godin, La guerre sociale en France. Aux sources économiques de la démocratie autoritaire, La Découverte, 2019, 250 p., 18 € », Revue Projet, vol. 378, no. 5, 2020, pp. 91-93.

39« La classe moyenne privilégierait de plus en plus la responsabilisation des individus et refuserait les lourdes impositions du welfare state (d’où le work-fare, repris en France par la droite, la CFDT et les tenants du social-libéralisme). […] Il y a une réflexion concertée, qui a sa cohérence autour de la notion de « société du risque » chez les théoriciens du social-libéralisme, depuis Giddens-Blair, Ulrich Beck, jusqu’à Delors-Rocard-Strauss-Kahn du côté du Parti socialiste, ou de la part des intellectuels organiques du MEDEF : F. Ewald et D. Kessler. » In Lojkine, Jean. « Retour sur les fondements théoriques du « social-liberalisme » », Nouvelles FondationS, vol. 1, no. 1, 2006, pp. 76-84

40Hatton, Edwin. « La drôle d’histoire du néolibéralisme. Romaric Godin, La guerre sociale en France. Aux sources économiques de la démocratie autoritaire, La Découverte, 2019, 250 p., 18 € », Revue Projet, vol. 378, no. 5, 2020, pp. 91-93.

41Idem

42Nicolas Da Silva, « Godin contre Godin : relativiser le concept de néolibéralisme pour penser l’au-delà du capitalisme ? », Contretemps [en Ligne], le 21 février 2020, URL : https://www.contretemps.eu/godin-macron-neoliberalisme-capitalisme/

43Gosseries, Axel. « Libertarisme de gauche et hobbesianisme de gauche », Raisons politiques, vol. no 23, no. 3, 2006, pp. 47-67.

44Vallentyne Peter. Le libertarisme de gauche et la justice. In : Revue économique, volume 50, n°4, 1999. pp. 859-878.

45Audier, Serge. « La gauche réformiste et le libéralisme », L’Économie politique, vol. 40, no. 4, 2008, pp. 83-100.

46Strauss, Léo. « Le droit naturel », Archives de Philosophie, vol. tome 79, no. 3, 2016, pp. 453-484.

47« Parmi les « droits naturels et imprescriptibles de l’homme » proclamés par le texte de 1789, la résistance à l’oppression ou la libre communication des pensées et des opinions ­ déclarée un des « droits les plus précieux de l’homme » ­ lient nécessairement le sujet à d’autres sujets. […] Prise au sérieux, la croyance en l’éternité des droits ne peut avoir pour effet que de nourrir une insatisfaction proprement religieuse face à l’irrationalité de l’histoire où les droits naturels de l’homme sont constamment bafoués et le réel ne se conforme jamais à l’idéal. Marx ne cesse de dénoncer ce point de vue « sentimental » qu’il voit à l’œuvre dans les versions juridiques du socialisme, qui dénoncent l’injustice du capitalisme sans comprendre la nécessité historique de cette soi-disant injustice. » in Lacroix, Justine, et Jean-Yves Pranchère. « Karl Marx Fut-il vraiment un opposant aux droits de l’homme ? Émancipation individuelle et théorie des droits », Revue française de science politique, vol. vol. 62, no. 3, 2012, pp. 433-451.

48Valentin, Vincent. « Sur les fondements du libéralisme. Évolutionnisme et droit naturel chez Bastiat et Hayek », Revue Française d’Histoire des Idées Politiques, vol. 17, no. 1, 2003, pp. 49-71.

49La Gestation Pour Autrui soulève de nombreuses critiques provenant de toute part de la société contre la marchandisation du vivant. Mais, cette appréciation se retrouve très vite confrontée aux différents êtres sentients.

50Jean-Christophe Angaut. Stirner et l’anarchie. Agard, Olivier ; Larillot, Françoise. Max Stirner,L’Unique et sa propriété : lectures critiques, l’Harmattan, pp.205-223, 2017. halshs-01685183

51Les Belles Lettres, 1991

52Ibid., p. 29

53Ibid., pp. 29-31

54Idem

55Ibid., p. 37

56Ibid., p. 51

57Ibid., p. 54

58Eric Millard. Notes sur une lecture de la loi naturelle. Pouvoir et liberté, Etudes en l’honneur du Professeur Jacques Mourgeon, Bruylant, pp.67-80, 1998. halshs-00125701

59Adair Philippe. La Théorie de la justice de John Rawls. Contrat social versus utilitarisme. In : Revue française de science politique, 41ᵉ année, n°1, 1991. pp. 81-96.

60Belley Jean-Guy. Max Weber et la théorie du droit des contrats. In : Droit et société, n°9, 1988. Max Weber. Réception, diffusion de sa sociologie du droit. pp. 281-300

61Lysander Spooner, Op. Cit, p. 69

62 « C’est au cour de cette double transformation modifiant significativement la relation gouvernants/gouvernés telle qu’elle s’est construite au cours de l’édification de l’État Providence, que nous rencontrons le concept de responsabilité. », In Hache, Émilie. « Néolibéralisme et responsabilité », Raisons politiques, vol. 28, no. 4, 2007, pp. 5-9.

63The Feminist Care Tradition in Animal Ethics : A Reader. Columbia University Press, 2007. Edited by Carol J. Adams and Josephine Donovan.

64« Ce positionnement politique reliant les droits individuels et la réponse aux besoins s’est également reflété dans la remise en question apportée par les femmes de couleur au mouvement pro-choix. Alors que les ailes radicales et libérales du mouvement féministe se concentraient sur le droit des femmes à disposer de leur corps — et sur le droit de refuser la maternité —, les femmes pauvres de couleur subissaient une attaque d’une nature différente : la stérilisation forcée dans les hôpitaux publics où elles accouchaient. », In Johanna Brenner,« Pour un féminisme socialiste », Revue Ballast, le 12 juin 2015

65Colette Capitan, « Propriété privée et individu-sujet-de-droits », L’Homme, 153 | 2000, 63-74.

66Delsol, Michel. « Mémoire, conscience, intelligence dans le règne animal ? » Laval théologique et philosophique, volume 62, numéro 1, février 2006, p. 81–90. https://doi.org/10.7202/013574ar

67Pierre Le Neindre, Muriel Dunier, Alain Boissy, Emilie Bernard, Xavier Boivin, et al.. La conscience animale : une expertise scientifique collective de l’Inra : Que sait-on aujourd’hui sur la conscience des animaux ?. La revue française de la recherche en viandes et produits carnés, AB CORP INTERNATIONAL, 2017, 33, 7 p. ffhal-02629323f

68Gosewinkel, Dieter. « Introduction. Histoire et fonctions de la propriété », Revue d’histoire moderne & contemporaine, vol. 61-1, no. 1, 2014, pp. 7-25.

69Bentham, An Introduction to Principles of Morals and Legislation, ch. 17, sect. 1, édité par J. H. Burns et H. L. A. Hart, Athlone Press, 1970, p. 282-283, note 1. Traduit par Enrique Utria. Introduction aux principes de morale et de législation, Vrin, 2011, p. 324-325.

70Jeangène Vilmer, Jean-Baptiste. « Chapitre premier. La sentience », éd., L’éthique animale. Presses Universitaires de France, 2018, pp. 7-18.

71Astrid Guillaume, « Les animaux, ces êtres doués de « sentience » », Sud Ouest, le 24 Octobre 2017

72Sue Donaldson & Will Kymlicka, 2011

73Nicolas Delon. Une théorie contextuelle du statut moral des animaux. Philosophie. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2014. Français.

74Véronique Perrot, C’est Quoi le Véganisme, 2018

75Cf. https://www.vegansociety.com/your-business/about-vegan-trademark

76Maric, Michel. « Que faire du principe rawlsien d’égale liberté ? », Mouvements, vol. no35, no. 5, 2004, pp. 101-104.

77« Une potentialité critique est inscrite dans la rationalité néolibérale. Celle-ci s’enracine dans le fait que cette tradition s’est affirmée dans le cadre d’une opposition à l’État, ou, mieux, à la raison d’État. Leur pulsion commune, dit Foucault, c’est une « phobie d’État. Les libéraux sont animés par une hantise de l’État… », In de Lagasnerie, Geoffroy. « Néolibéralisme, théorie politique et pensée critique », Raisons politiques, vol. 52, no. 4, 2013, pp. 63-76.

78« Première (in)conséquence obligeant le (néo)libéralisme a en rabattre dans ses prétentions anti-étatiques. […] De cette double inconséquence résulte la position habituelle des (néo)libéraux à l’égard de l’Etat. Forcés qu’ils sont de reconnaître la nécessité de l’existence de l’État sur la base de leurs propres prémisses, du moins s’efforcent-ils d’en réduire autant que possible le champ d’intervention, de le limiter à ses seules fonctions dites régaliennes : battre la monnaie (garantir la validité sociale de la monnaie) ; dire le droit (rendre justice) ; exercer le monopole de la violence légitime, à l’intérieur (assurer la police) comme à l’extérieur (par la diplomatie et la force armée). Faute de pouvoir disparaître, du moins l’État doit se limiter à n’être que le garant (monétaire, juridique et répressif) du bon fonctionnement des marchés et de la société civile. », In Alain Bihr, L’État : « bête noire » des (néo)libéraux, Nouveaux Cahiers du socialisme, Le 08 février 2008

79« Par exemple, l’ALF est suspecté d’être financé via les activités tenues par le People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) » in Gagnon, Benoît. « L’écoterrorisme : vers une cinquième vague terroriste nord-américaine ? », Sécurité et stratégie, vol. 3, no. 1, 2010, pp. 15-25.

80Cédric Gouverneur, Les guérilleros de la cause animale, Le Monde diplomatique, Août 2004

81Swallow, Paul. « L’extrémisme des défenseurs du droit des animaux, une menace pour l’entreprise », Sécurité et stratégie , vol. 2, no. 2, 2009, pp. 14-19.

82La question de la « viande sans souffrance » est généralement épinglée par les antispécistes et les animalistes puisqu’à ce jour aucune méthode n’a démontré qu’il existait une viande sans la moindre douleur. Dans le cadre de l’agriculture cellulaire, tout démarre à partir d’une biopsie. Or pour la réaliser, cette dernière est faite le plus souvent à vif sur les tissus musculaires. On ne peut dès lors parler de « viande sans souffrance », mais bien de « viande à souffrance réduite » dans le sens que l’animal non-humain n’est pas abattu pour avoir la biopsie originelle.

83Marine Le Breton, La viande in vitro est-elle vraiment meilleure pour la planète ?, Le Huffington Post, le 25 février 2020

84Gaëlle Dupont, L’élevage contribue beaucoup au réchauffement climatique, Le Monde, 04 décembre 2006

85Paul Ariès, Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser, 2018

86Jean-Pierre Digard, L’animalisme est un anti-humanisme, 2018

87Elsa Beaulieu, La division sexuelle du travail,À babord [En ligne], février/mars 2008, N°23, URL : https://www.ababord.org/La-division-sexuelle-du-travail

88Carol J. Adams, La politique sexuelle de la viande, 1990

89La domestication de l’animal non-humains peut-être considérée comme une mise en esclavage puisque l’être humain a créé de nouvelles races à son propre regard pour servir ses intérêts. Ainsi, l’animal non-humain est passé du statut de sauvage à celui de domestiquer perdant ainsi une grande partie de son autonomisation tout comme de son statut qui faisait de lui un être sentient de libre.

90Perru, Olivier. « Aux origines des recherches sur la symbiose vers 1868-1883 », Revue d’histoire des sciences, vol. tome 59, no. 1, 2006, pp. 5-27.

91GUICHET, Jean-Luc (dir.). De l’animal-machine à l’âme des machines : Querelles biomécaniques de l’âme (XVIIe-XXIe siècle). Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Éditions de la Sorbonne, 2010 (généré le 25 septembre 2020). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/psorbo…> . ISBN : 9791035102562. DOI : https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.17481.

92Damon, Julien. « La pensée de… Charles Maurras (1868-1952) », Informations sociales, vol. 121, no. 1, 2005, pp. 119-119.

93Cf. https://www.youtube.com/watch?v=u2lizGnqhTE

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